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2007tousavecnicolassarko

Mercredi 24 janvier 2007
Mardi 09 Janvier 2007 - 06:51:22
Pourquoi je soutiens Nicolas Sarkozy
Vous êtes nombreux à me dire, par courriel, par lettre, au hasard d'une rencontre : « Il faut vous présenter à la prochaine élection présidentielle ! »

Vous répondre que je n'y ai jamais pensé serait mentir.

Quand on a consacré, comme je l'ai fait, une grande partie de sa vie professionnelle à l'engagement politique, quand on a exercé de lourdes responsabilités publiques, il est naturel d'éprouver ce désir. Tout simplement pour accomplir sa tâche jusqu'au bout et tenter de concrétiser ses idéaux.

Les circonstances ne me permettront pas d'entrer dans la course.
Ecarté, par ma faute, des premiers rôles de la scène politique nationale depuis plusieurs années, je ne me sens pas en situation de me lancer dans la compétition avec quelque chance de victoire. Et à quoi servirait une campagne de témoignage, sinon à jeter le trouble dans ma propre famille politique ?

Est-ce à dire que je ne m'engagerai pas dans le débat qui s'annonce ? J'ai trop ancrée au fond de moi la passion de mon pays pour me retirer sur l'Aventin.
J'ai envie d'exprimer moi-même, et d'entendre de la part des candidats, un certain nombre d'idées auxquelles je crois.

Et d'abord l'amour de la France. De ce qu'elle est, de ce qu'elle doit demeurer.
Je crois à la vertu de fidélité, y compris chez les peuples.
Je crois en une France fidèle à elle-même.
Fidèle à son histoire, à sa culture, à sa langue, à ses valeurs.
Fidèle au « modèle » économique et social qu'elle a construit au fil des décennies, c'est-à-dire à l'équilibre entre l'esprit d'entreprise et l'économie de marché, sources de toute richesse d'un côté, et, de l'autre côté, l'élan de fraternité et de solidarité, l'exigence de protection collective sans lesquels la volonté de vivre ensemble qui définit le sentiment national s'étiole. La recherche de cet équilibre est un combat de tous les jours. Mais elle fait la beauté de notre aventure commune.

Fidélité de la France encore à sa vocation européenne et internationale : faire entendre une voix libre, qui parle de paix, de coopération, de développement, de justice, de gouvernance mondiale plutôt que de confrontation ou de coercition.

France fidèle. France moderne. Qui pourrait nier que notre pays a besoin, dans certains domaines, de profonds changements pour s'adapter au monde nouveau ? Il a su le faire, et magnifiquement, tout au long de son histoire et notamment depuis un demi-siècle.

On voit bien aujourd'hui les défis à relever : remettre le travail à l'honneur ; diffuser dans notre société une vraie culture de responsabilité ; « agiliser » l'Etat ; donner la priorité à la formation des hommes et des femmes, notamment en dotant l'enseignement supérieur des moyens et de l'organisation qu'il mérite ; investir massivement dans la recherche... Sur ces questions et sur quelques autres, j'ai avancé des propositions dans le livre que je viens de publier : « France, mon pays. Lettres d'un voyageur ».

Il est un domaine où une rupture s'impose : le sauvetage de la planète. Nous savons que, si nous ne réagissons pas vigoureusement, le processus de destruction de la nature, de la vie et sans doute de notre Terre deviendra irréversible. Or nous avons la capacité de réussir. A condition de consentir, du local au global, à une révolution écologique de nos comportements. Je reviendrai plus longuement sur les voies et moyens de cette révolution, dans le cadre de la préparation de le Conférence de Paris qui doit se tenir à l'Elysée les 2 et 3 février prochain et dont le Président de la République m'a confié la coordination.

Voilà quelques-uns des sujets dont j'aimerai voir débattre les candidats à la prochaine élection présidentielle.

Dans ma famille politique, Nicolas Sarkozy s'est déjà exprimé sur certains d'entre eux. J'ai partagé plusieurs de ses analyses ou de ses projets : je pense à sa volonté d'organiser l'immigration de manière plus cohérente, en liaison avec les pays d'émigration ; à sa vision d'une fiscalité plus juste et plus incitative ; ou encore à ses propositions pour sortir l'Union européenne de la crise d'identité où elle est plongée. Je me suis réjoui de voir l'évolution de sa pensée sur la manière de débloquer le modèle français d'intégration ou sur l'avenir de notre protection sociale. Il lui appartient maintenant de préciser son projet présidentiel, par exemple : sur le fonctionnement de nos institutions, sur le nécessaire effort de défense de la France ou sur la spécificité de sa politique étrangère.

Le choix d'un candidat, c'est le choix d'un projet. C'est aussi le choix d'une personne.
Je connais bien Nicolas Sarkozy, depuis longtemps. Je connais ses forces et ses faiblesses, comme il connaît les miennes. J'apprécie sa capacité d'agir. Il en a fait la démonstration depuis 2002. C'est un atout majeur pour conduire une grande Nation dans un monde turbulent.
Il y faut aussi la capacité de rassembler, qui implique le refus de toute forme d'intégrisme, le sens de l'écoute et le respect du point de vue d'autrui. Nicolas Sarkozy veut et peut rassembler.

Le temps du débat interne à notre famille politique est maintenant clos. Comme je l'ai affirmé à plusieurs reprises, ces dernières semaines, seul Jacques Chirac, du fait de sa fonction, ne saurait être tenu par des procédures de parti. S'il choisissait d'être candidat, une situation nouvelle serait alors créée, qu'il appartiendrait à chacun d'analyser.

Pour l'heure, l'UMP va se prononcer.
Pour ma part, et pour les raisons que je viens de dire, j'ai décidé d'apporter mon soutien à Nicolas Sarkozy.
09/01/2007
Par brice
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Mercredi 24 janvier 2007
Chirac "va réfléchir" à une nouvelle candidature
© AFP

Jacques Chirac le 8 janvier 2007 à l'Elysée à ParisUne éventuelle candidature à l'Elysée "mérite réflexion et donc je vais y réfléchir", a déclaré jeudi Jacques Chirac lors de la cérémonie des voeux de la presse.

A la question de savoir s'il serait candidat en 2007 à un nouveau mandat, Jacques Chirac a répondu : "Cela mérite réflexion et donc je vais réfléchir". Le président a dit à plusieurs reprises qu'il s'exprimerait sur ce point au premier trimestre.

Le chef de l'Etat a indiqué qu'il comptait s'"engager et fixer clairement les enjeux des élections", car il faut selon lui un "vrai débat ouvert, responsable, démocratique". "Rarement un tel débat n'a été aussi nécessaire. En 2002, le second tour a porté sur les valeurs de la République et il n'y a pas eu réellement de confrontation entre deux projets économiques et sociaux", a déclaré M. Chirac lors des voeux de la presse à l'Elysée.

"Si nous ne voulons pas laisser le champ libre aux extrémismes et vivre un nouveau 21 avril, notre devoir c'est de montrer les dangers et les opportunités de ce nouveau monde", a-t-il poursuivi, en soulignant qu'"en quelques années le monde a connu des changements considérables".

Jacques Chirac s'est déclaré "attaché" à l'UMP, à quelques jours de la désignation dimanche par ce parti de Nicolas Sarkozy comme candidat à la présidentielle, et alors que l'Elysée a fait savoir que le chef de l'Etat n'enverra pas de message au Congrès de l'UMP. Il a jugé que "les partis politiques doivent jouer leur rôle" en cette période d'élection: "bâtir de véritables projets pour l'avenir et se mettre en ordre de marche à l'approche des échéances électorales".

Soulignant que "le Parti socialiste l'a fait à la fin de l'année dernière", le chef de l'Etat a noté que "l'Union pour un Mouvement Populaire, dont j'ai souhaité la création et auquel je suis attaché, le fera très normalement, très naturellement à son tour". Son entourage avait fait savoir mardi que M. Chirac n'enverrait pas de message au Congrès de l'UMP car "institutionnellement, le président ne peut pas participer de manière directe ou indirecte à un Congrès qui s'inscrit dans un processus électoral".

Seul en lice, Nicolas Sarkozy est assuré de l'emporter lors de ce Congrès.

Le Premier ministre, Dominique de Villepin, a annoncé qu'il se rendrait au Congrès pour le déjeuner mais qu'il ne voterait pas, parce que M. Chirac ne s'est pas encore prononcé sur ses intentions. Quant au président de l'Assemblée nationale, le chiraquien Jean-Louis Debré, il a lui aussi annoncé qu'il s'abstiendrait.

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Mercredi 24 janvier 2007
Conférence de presse
Lundi 18 décembre 2006
Valérie Pécresse

« Lorsque l'on ne pense pas la même chose que Ségolène Royal, on n'est pas digne de lui serrer la main » par Valérie Pécresse
Pressentie pour être la contradictrice initiale de Ségolène Royal à l'émission Ripostes, j'ai été récusée par la candidate, qui ne souhaitait pas débattre avec moi. De la même façon, elle a récusé Nadine Morano et Patrick Devedjian. Depuis le début de cette campagne, un certain nombre d'indices dans le comportement de Madame Royal nous fait douter de sa stature présidentielle. Un(e) président(e) de la République, c'est l'homme ou la femme qui rassemble tous les Français, quelles que soient ses origines, ses opinions, son parcours. Or, Madame Royal lorsqu'elle s'est rendue au Chili pour soutenir la candidate socialiste, a rencontré dans l'avion l'opposant de droite de Michelle Bachelet à qui elle a refusé de serrer la main. De la même manière lors de son déplacement en Israël, elle avait refusé de saluer une collègue parlementaire française, Françoise de Panafieu. Un(e) président(e) de la République, c'est quelqu'un qui accepte de serrer la main même à des gens qui ne partagent pas les mêmes idées.

Ségolène Royal, la reine de l'esquive
Tout au long de l'émission Ripostes, Madame Royal n'a fait qu'esquiver. Sur la question des 35 heures, si elle estime que son instauration constitue un formidable progrès social, elle refuse de dire si elle les imposera aux petites entreprises comme le prévoit le projet du Parti socialiste. Sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, elle a refusé de s'engager. Quant à la réponse faite à Nathalie Kosciusko-Morizet relevant son absence lors du débat parlementaire sur le projet de loi contre les violences conjugales, elle est tout à fait scandaleuse. Madame Royal a répondu qu'elle avait un emploi du temps trop chargé et qu'il fallait élever le débat. Faut-il rappeler combien le problème des violences faites aux femmes est un sujet important et mérite un débat. Par ailleurs, si Madame Royal n'a pas le temps de remplir ses fonctions de parlementaire, elle doit en tirer les conséquences et changer de mandat.

Forum de l'Union : un débat ouvert, transparent et démocratique
A l'occasion du second forum de l'Union qui s'est déroulé à Lyon vendredi, l'UMP a donné une nouvelle fois une image de démocratie, de richesse de ses différentes sensibilités et de respect de chacune de ses personnalités. Sur des sujets comme les Institutions ou l'Europe, où les positions sont beaucoup plus tranchées, le débat fut plus animé. A l'UMP, des différences d'opinion existent. Elles ne sont pas irréconciliables. Elles peuvent s'exprimer dans un cadre ouvert, transparent et démocratique ...

Internet, un outil de modernité politique, un secteur stratégique pour la création d'emplois
Dans l'esprit de Nicolas Sarkozy, Internet a vocation à être à la fois un outil de modernité politique mais aussi un secteur stratégique pour la création d'emplois en France.

Outil de modernité démocratique. L'UMP, premier parti politique à proposer l'adhésion en ligne, a doublé le nombre de ses adhésions par Internet. Depuis sa déclaration de candidature, le site de l'association des Amis de Nicolas Sarkozy (ANANS) a déjà reçu 15 000 signatures. La blogosphère de l'UMP a doublé, passant de 300 blogs à 600. L'UMP s'apprête à tripler ce nombre.

Les forums de l'Union ont donné lieu à une forte audience avec 15 000 internautes connectés par forum, 2 000 questions posées soit par texte, soit par podcast vidéo.

Un secteur stratégique créateur d'emploi. Lors de la 3ème Conférence internationale des Blogs, Nicolas Sarkozy a réaffirmé sa volonté de faire de l'Internet l'un des secteurs stratégiques de la création d'emploi. La France est classée avant-dernier sur 19 pays dans l'OCDE quant à la contribution d'Internet à la croissance. Un retard qu'il nous faut aujourd'hui combler.

L'UMP se réjouit du cessez-le-feu entre le Fatah et le Hamas
L'UMP se réjouit de la signature d'un accord de cessez-le-feu entre le Fatah et le Hamas après les violences terribles qui ont éclaté ces derniers jours dans les territoires palestiniens. L'UMP espère que le Hamas reviendra sur sa décision de ne pas participer aux élections anticipées annoncées par le président Mahmoud Abbas. L'UMP souhaite que ces élections, si elles ont lieu, contribuent à ramener la paix dans les territoires palestiniens et favoriseront l'émergence d'un gouvernement qui reconnaîtra l'existence d'Israël et renoncera à la violence afin que l'aide internationale puisse reprendre son cours et ainsi soulager les souffrances du peuple palestinien.

L'UMP favorable à toute modernisation fiscale
L'UMP est favorable à toute modernisation fiscale. Le prélèvement de l'impôt à la source annoncé le gouvernement a deux objectifs. Le premier, c'est de sécuriser la situation fiscale des Français. Face aux aléas de la vie, l'intérêt du prélèvement à la source pour les personnes qui perdraient leur emploi et seraient confrontées à une baisse de revenu majeure l'année suivante, ce serait d'être en règle avec le fisc et de ne pas avoir de dette fiscale. Le second objectif, c'est la recherche d'économies administratives et fiscales afin que le coût de la collecte d'impôts soit moins élevé dans notre pays.
Par brice
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Mercredi 24 janvier 2007
InterviewsUne politique sociale, c'est d'abord une politique économique efficace

Interview de Pierre Méhaignerie
Secrétaire général de l'UMP
Député d'Ille-et-Vilaine
Président de la commission des Finances à l'Assemblée nationale
Le Figaro - 14 décembre 2006

Vous plaidez pour une vraie politique sociale à l'UMP. Le slogan n'est-il pas un peu convenu, surtout en période électorale ?

Le mot «social» souffre chez nous d'une confusion. Jamais il n'a été aussi employé dans les discours et jamais le consensus n'a été aussi contradictoire. Une politique sociale, c'est d'abord une politique économique efficace. Le risque, c'est vrai, c'est de rester dans le domaine du slogan, surtout du côté du PS. Le programme socialiste m'affole. Nous avons été privés en 2002 d'un débat approfondi. Aujourd'hui, nous avons besoin d'un diagnostic comparé en Europe pour voir les atouts et les faiblesses de la France. Le rapport du Cerc, conduit par Jacques Delors, est une bonne base de départ. La France a pris du retard depuis vingt-cinq ans par rapport à certains de ses voisins européens, dont les résultats économiques et sociaux sont les plus performants.

Pour quelles raisons ?

Le niveau des dépenses publiques de l'État comme des collectivités territoriales est trop élevé. Nous sommes vice-champions de l'impôt sur le travail et le capital. Par ailleurs, l'empilement des structures et la complexité des procédures ne donnent pas l'image d'un État efficace. Enfin, les entreprises ont besoin d'un environnement favorable pour se développer, c'est peu dire que les 35 heures n'y ont pas contribué.

L'amélioration du pouvoir d'achat passe-t-elle par une nouvelle hausse du SMIC ?
La majorité a réajusté le smic vers le haut pour compenser les effets néfastes des 35 heures sur le pouvoir d'achat des salariés. Si elle a eu raison de le faire, cela a créé un sentiment de déclassement pour les salariés proches du smic. Pour éviter ce sentiment ainsi qu'une perte de compétitivité des entreprises, je préfère qu'on agisse sur l'augmentation de la prime pour l'emploi, sur la valorisation des heures supplémentaires, sur la maîtrise des impôts locaux.

Que fait-on pour les 8% de travailleurs pauvres ?

L'actuel gouvernement a déjà précédé ce débat en revalorisant la PPE dans les budgets 2005 et 2006. Cela représentera, en 2007, 2 à 3% de pouvoir d'achat supplémentaire. Il faut poursuivre dans cette voie et l'étendre aux salariés jusqu'à un smic et demi.

Face à la mondialisation, les Français semblent ne plus croire aux politiques sociales...

Les conditions de l'adaptation au monde nouveau ne se feront pas sans un esprit de justice et sans exemplarité au sommet. Il faut donc une stratégie claire et lisible de correction des injustices. Prenons un exemple, la précarité : 44% des ouvriers se sentent menacés dans leur emploi. La réponse est double : sécuriser leur parcours professionnel et mettre en œuvre les disciplines qui nous permettront de revenir à moins 5% de taux de chômage.

Qu'entendez-vous par exemplarité au sommet de l'État ?

Dans les deux mois qui suivent la présidentielle, il faut que des institutions publiques – comme le Parlement et la Banque de France – donnent l'exemple en réduisant leurs budgets.

Qu'attendez-vous de la conférence sur l'emploi ?

Elle est utile car elle peut faire émerger un diagnostic commun. Mais je suis sceptique sur la date choisie. Elle devrait avoir lieu lorsque le gouvernement prépare son budget, pas après.

Jean-Louis Borloo doit-il jouer un rôle plus important auprès de Nicolas Sarkozy ?

Bien sûr, je le souhaite. Nicolas a conscience de la nécessité de concilier exigence d'efficacité économique et esprit de justice. Nous sommes là pour rappeler cette exigence de justice
Par brice
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Mercredi 24 janvier 2007
La gauche aux abonnés absents


Tribune de Nathalie Kosciusko-Morizet, députée UMP de l'Essonne
Le Monde, le 23 décembre 2006

Il ne suffit pas d'être le candidat du PS pour être de gauche. La situation devient totalement baroque. A bien écouter Ségolène Royal, sa logorrhée sur l'ordre moral, son obsession sur les mineurs, son bavardage sur chacun des sujets qu'elle aborde sans jamais exprimer la moindre idée, le plus petit commencement d'une proposition concrète, des frissons commencent à nous parcourir.

Dans la tradition de chaque parti politique, on cache au placard de l'Histoire un objet obscur, un rejeton qu'à aucun prix on ne veut voir ressurgir. Et pourtant là, à y regarder de près, et comme l'on dit aujourd'hui en toute transparence, ce discours-là évoque des thèses, des prises de position, une culture, une posture qu'avaient adoptées des responsables socialistes aujourd'hui passés aux oubliettes.

La renaissance de cet hyperconservatisme de gauche rencontre un écho bien paradoxal. On savait les socialistes sur la pente dangereuse d'un conformisme rentier, à défendre les fonctionnaires, leurs avantages, les 35 heures et le confort de quelques cadres nantis, et pour le reste, en déshérence; on les anticipe avec la hargne de gagner pour que leurs chefs retrouvent les Peugeot 607 et autres carrosses de la République, mais surtout aveuglément avec la peur au ventre que ne se reproduise 2002.

Au fond tout cela est sans surprise. Mais la France, celle qui ne se résout pas à cette gauche postée désormais à la droite de la droite, sera-t-elle victime du même rapt ? Des mêmes mensonges ? Je voudrais ici revenir sur toute une série d'incongruités politiques.

Une rengaine s'installe : faute de programme, « je suis le chef, donc je les suis ! ». Le problème, c'est qu'il y a bien un contenu : archaïque, obsessionnel, contradictoire. Le problème, c'est qu'il y a une méthode. Pleine de sourires, des gestes sectaires et antipathiques, du calcul et un brin d'autoritarisme.

Ainsi le message depuis des semaines sonne-t-il bruyamment : les Français attendent une façon de faire de la politique autrement. Et ce sont les femmes qui seraient reines de cette nouvelle manière de faire. Mais, au résultat, Ségolène Royal refuse de saluer le leader de l'opposition du Chili, et de serrer la main de Françoise de Panafieu en Israël. S'il y a une attente, ce dédain monarchique la ruine. Est-ce que les femmes ont besoin d'être encore plus sectaires que les hommes ?

Mais le message aussi se répète : à chacun de ses interlocuteurs, elle dit « vos idées sont les miennes ! », au Proche-Orient, sur les horaires des enseignants. Aujourd'hui, que va-t-elle dire sur la Turquie alors que le PS et les socialistes européens se déclarent favorables à l'adhésion de ce pays à l'Union européenne ?

Enfin, ses messages n'arrêtent pas de transvaser du creux dans le vide. Elle annonce qu'elle va parler et ne dit mot, et quand elle parle ce ne sont que vieux propos à la mode du jour. Pire, elle n'agit jamais comme elle dit. L'environnement ? Elle ne vote pas la Charte constitutionnelle, contrairement aux Verts et à certains de ses collègues socialistes. Les violences faites aux femmes ? Une loi vient en débat, elle l'ignore alors qu'elle est votée à l'unanimité et qu'elle contient des mesures fortes : l'éloignement du conjoint violent, l'autorisation du mariage à la seule majorité civile...

Après les fêtes, il y aura un devoir de clarté. Car ce rêve qu'elle essaie de nous vendre est bien trop flou. Et en même temps il vire à la caricature, au délire d'avenir ! De plus, elle plagie outrageusement Nicolas Sarkozy et tente à tout instant de piller le programme de l'UMP. Elle le fait à sa manière, parfois sans vergogne et auprès des siens avec un succès mitigé, comme ce fut le cas avec la carte scolaire.

Cette absence de candidat de gauche va peser lourdement dans les prochaines semaines. L'ambiance pour elle n'est pas au rassemblement, plutôt à quelques ralliements de façade, comme celui de Jean-Pierre Chevènement qui sauve sa circonscription - qu'il a perdue en 2002 - ou comme les radicaux de gauche qui, évinçant Christiane Taubira, capturent 36 circonscriptions.

Surtout, le brouhaha de sa campagne masque pour l'instant le silence de ses amis. Mais c'est un silence genre Silence des agneaux. Ils attendent tous le couteau entre les dents. Comment pourrait-il en être autrement ? Comment par ailleurs la gauche antilibérale peut-elle se résoudre à l'ordre juste et à l'ordre moral... ? Le monde politique est un peu cul par-dessus tête.
Par brice
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