PRÈS DE TROIS quarts d’heure pour effectuer les deux derniers kilomètres menant au Grand Dôme : il fallait faire preuve de patience, hier en début de soirée, pour accéder au meeting de Nicolas Sarkozy à Villebon. Malgré les bouchons monstres entre la A 6 et la grande salle habituellement réservée aux volleyeuses locales, le candidat UMP a quasiment rempli le Grand Dôme en rassemblant entre 4 500 et 5 000 personnes. C’est un peu moins que ce qu’a lancé Roger Karoutchi (le président du groupe UMP au conseil régional) à la foule — « Nous sommes déjà plus de 6 000 ! » — mais c’est au-dessus des prévisions des responsables du parti sarkozyste en Essonne qui tablaient sur environ 4 000 personnes, vu l’heure : le meeting débutait dès 18 h 30…

« C’est bon, on a misé sur le bon cheval »

A l’intérieur de la salle, un public relativement divers. Des mamans ont emmené leur bébé de 20mois à peine, des enfants de 8 ans crient « Nicolas,Nicolas ! », des dames endimanchés cherchent une bonne place en tribune. Bernard est venu des Yvelines. A 70 ans, « c’est (son) premier meeting ». Tout fier, il brandit une photo de Sarko et lui lors d’une cérémonie de remise de médaille à Neuilly-sur-Seine : « C’est là que j’ai fait sa connaissance : adorable, gentil, convivial… ». Un peu plus loin, il y a Romain, 19 ans. Le 22 avril, ce sera la première fois qu'il votera. Alors il est venu « par curiosité », parce qu’il veut « simpliquer le plus possible » avant de choisir. Prêt à voter Sarko, il n’exclut pas de changer d’avis, « selon les performances de ses adversaires ».

Photo Le ParisienIl est 19 h 30 lorsque le candidat débarque à la tribune. C’est parti pour une heure d’un discours assez vachard envers ses adversaires, au cours duquel il insiste à nouveau sur quelques notions clés comme la nation ou la valeur travail. De temps en temps, il glisse une petite référence amicale à Serge Dassault, son célèbre soutien, sénateur-maire de Corbeil, et à Nathalie Kosciusko-Morizet, la députée de la circonscription. La salle est aux anges ; seule une poignée de jeunes portant des tee-shirts « Les étudiants avec Sarko » se prennent pour des reporters en herbe en jouant avec des caméras DV plutôt que d'écouter le candidat.

20 h 30 : tonnerre d'applaudissements, Sarkozy s’en va après une «Marseillaise ». Un maire de village sourit : « C’est bon, on a misé sur le bon cheval. » Yoann, venu de Mennecy, ne retombe pas de son petit nuage. « Fort, puissant, c’était une tuerie, ce discours, j’ai envie de pleurer, s’enflamme le jeune homme de 24 ans qui a des photos du ministre partout dans (sa) chambre. Ce qu’il dit, ça vient du coeur. » Mais au loin, des voix l’appellent : il faut redescendre sur terre et affronter les bouchons du retour…

Gregory Plouviez